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Mes réflexions sur l’errance thérapeutique (qui existe bien trop souvent en expatriation)

Illu Errance thérapeutique

(Ceci est mon point de vue d’orthophoniste qui accompagne les enfants et adolescents des familles de « nomades professionnels », et j’en fais partie aussi à titre personnel).

 

📌 Note importante : cet article ne veut en aucune façon lancer une polémique, ni faire office de généralisation !

Il est le fruit de ma réflexion et de ce que j’ai moi-même pu constater en expatriation… 

Pour rappel : je suis mère de 4 enfants, nés dans 3 pays. Ma réflexion est également basée sur les témoignages de très nombreuses familles qui ont croisé ma route en consultation avec leurs enfants/adolescents (je suis orthophoniste depuis plus de 20 ans, et travaille en ligne depuis 2016).

 

Qu‘est-ce que l’errance thérapeutique ? 

Définition de l’errance : voyager sans destination claire.

Errance thérapeutique : passer de médecins en médecins pendant de nombreuses années, sans pour autant réussir à déterminer ce qui provoque les symptômes ressentis, avant de pouvoir enfin poser un diagnostic ressenti comme fiable sur les maux.

 

Pourquoi ce phénomène d’errance est amplifié par l’expatriation ?

 

  • Les familles sont amenées à déménager. Or, certains diagnostics sont longs à pouvoir poser, car ils demandent un temps d’analyse et d’observation, mais aussi parce qu’ils se font par exclusion d’autres diagnostics, ou après une analyse pluridisciplinaire. C’est justement ce côté pluridisciplinaire qui rend l’expérience du diagnostic parfois difficile à l’etranger (souvent par manque de thérapeutes dans la langue “forte” du patient, mais aussi car les coûts sont parfois très élevés et pas toujours pris en charge par les assurances ou mutuelles locales).

 

  • Les thérapeutes déménagent aussi. Même s’il s’agit parfois de professions libérales, les médecins, psychologues, orthophonistes, psychomotricien(e)s, etc… Ce sont des catégories professionnelles qui bougent aussi. Les dossiers et comptes-rendus suivent les patients, mais ne sont pas forcément bien retransmis aux thérapeutes qui ‘récupèrent’ les patients.

 

  • Une réalité courante : les expatriés s’automédiquent souvent pour les maladies courantes (ils apportent souvent depuis leur pays un fond de pharmacie pour les “bobos courants”…). Ils ont parfois tendance aussi à repousser des prises de RDV (chez le psy, l’orthophoniste, psychomotricien, etc…) car ils attendent qu’on leur fournisse un nom ou une recommandation, ou car ils attendent de voir si le problème va se résoudre tout seul lors de prochaines vacances, etc…

 

  • Certains expatriés vivent plus ou moins en « communauté »  se confient à leurs amis, et se conseillent beaucoup entre eux bien souvent. Cette entraide est formidable la plupart du temps, mais ATTENTION aux ‘faux bons conseils’ d’amis qui ne sont pas spécialistes.

 

  • Parfois, sans réponse de spécialiste à proximité, les parents se tournent parfois un peu plus vite vers les recherches sur internet et sur les réseaux sociaux Attention aussi !

 

  • Parfois aussi, certaines familles ne veulent plus entendre parler de consultations car ils ont été déçus par un thérapeute précédent avec qui cela s’est mal passé car ils ne se sont pas sentis compris… dommage… mais cela arrive.

 

  • Un autre point important à prendre en compte : les cultures médicales sont TRÈS DIFFÉRENTES d’un pays à l’autre, d’un système scolaire à l’autre ! Si vous êtes expatrié, vous voyez forcément de quoi je parle 😉

 

C’est du vécu !!
Certains de mes patients arrivent souvent chez moi avec une pile de bilans effectués dans plusieurs langues. 
Tous ces bilans ont été réalisés par des thérapeutes qui ne communiquent pas forcément entre eux car ils ne se connaissent pas… et devant tant d’avis (parfois divergents), les parents sont confus et désemparés. 
Après de nombreux bilans (souvent onéreux, parfois anxiogènes et surtout chronophages) :
  • Parfois ils ont le fameux “diagnostic” …. mais pas de pistes concrètes de ce qu’il faut faire…
  • Ou alors on leur a donné une grande “to-do list’ d’actions concrètes à mettre en place… mais ils ne sont pas certains de l’origine de tel ou tel trouble dont leur enfant souffrirait… de manière hypothétique et théorique !! Et on en revient au point de départ… avec de la culpabilité en plus…

 

En conclusion !!! (Et quelques conseils) :

 

Du point de vue “parent de patient”…

Il peut être difficile de trouver un spécialiste qui soit formé au plurilinguisme, au mode de vie “nomade” de son petit patient… qui ne juge pas “de travers” certains symptômes car ces enfants/adolescents ne rentrent pas dans des ‘cases’…. (je pense notamment aux diagnostics de précocité, de trouble de l’attention et des troubles/retards de langage)…

👉 CONSEILS POUR LES PARENTS :

Veillez à vous rendre chez des thérapeutes qui vous ont été recommandés, qui soient formés un minimum à l’expatriation et ses besoins spécifiques et surtout, avec lequel vous vous sentez à l’aise !!

 

 Du point de vue “thérapeute”…

Il m’arrive assez souvent de voir arriver des patients qui ont un énorme dossier médical… 

Souvent par manque de thérapeutes dans leur pays d’expatriation, ils profitent du retour dans leur pays d’origine… pour faire faire toute une batterie de tests.

Je dirais aussi de faire attention : parfois les enfants sont en plein “jetlag” au moment de la passation des bilans, ou désorientés et peu accommodants car ils sont en vacances et pas dans leur routine habituelle.

J’ai vu pas mal d’enfants revenir avec des diagnostics… (et les parents en souffrance) car ils sont désorientés et ne savent pas comment aider leur enfant là où ils habitent.

👉 CONSEILS POUR LES THERAPEUTES :

Si possible, tenter de faire un interrogatoire d’anamnèse bien précis avec la famille pour bien comprendre le parcours scolaire de l’enfant, son mode de vie, sa place dans la fratrie, etc…

Comprendre les difficultés de l’enfant au-delà du diagnostic qui a été posé.

Et aussi mettre en place un partenariat parental bien sûr ! 

 

Si cette errance thérapeutique vous parle, je suis prête à en parler quand vous voulez !

Je propose plusieurs  séances de prise de contact (gratuites) par mois pour faire le point et voir si je suis la bonne personne pour vous aider en fonction de votre situation.
Pour prendre RDV avec moi, il suffit de remplir le formulaire de prise de contact !

Nous vous répondrons rapidement (sauf le week-end).

 

Info EXPAT : Je suis ravie de faire partie de la belle communauté d’EXPAT-PRO depuis sa création :
un réseau de professionnels, experts de l’expatriation
(triés sur le volet par Catherine et Cécile, les fondatrices).
Si vous avez besoin de contacts professionnels recommandés, dans différents domaines,
je vous laisse faire vos recherches ici :
https://www.expat-pro.com/